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Préparation à l’hivernage

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Qu’est-ce que l’hivernage ?

Une des périodes les plus critiques de la saison apicole, à mon sens, est celle qui précède l’hivernage. On prépare au mieux ses ruches à passer l’hiver et la moindre erreur se paie cash. Une fois prêtes pour l’hivernage, on n’ouvre plus les ruches et la sanction, si sanction il y a, tombera plusieurs mois plus tard lors de la première visite de printemps. Vous l’aurez compris, il vaut mieux ne pas se tromper. A contrario, si vous avez bien préparé votre affaire vous pourrez passer un hiver tranquille et n’aurez pas de mauvaise surprise aux retours des beaux jours.

Revenons déjà sur la notion d’hivernage. Les abeilles hivernent ce qui veut dire qu’elles vont garder un certain niveau d’activité durant toute la saison froide. Les abeilles ne craignent pas le froid, elles craignent avant tout l’humidité et les vents froids. Selon la température extérieure elles pourront continuer à rester sur les cadres, voire à s’occuper du couvain qui peut encore perdurer en début d’hiver. La température de la ruche est dans ces moments là toujours maintenus à 34 – 36°C. Si la température extérieure chute, les efforts consentis pour maintenir ces températures sont trop élevés, les abeilles vont alors former une grappe. La température à l’intérieur de la ruche va baisser, la reine bien au chaud au centre. Il s’établit un roulement entre les abeilles disposées sur l’extérieur et celles plus en profondeur. Le même principe qu’on retrouve chez les manchots empereurs. La grappe reste constituée tout le temps que dureront les températures froides, c’est sûrement le moment où la colonie est la plus vulnérable. Ouvrir la ruche à ce moment là casserait la grappe et aurait des conséquences désastreuses pour la colonie.

L’impact du réchauffement climatique:

Une deuxième situation, hélas de plus en plus courante, où la colonie est vulnérable c’est durant des hivers trop cléments. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au moindre rayon de soleil et des températures clémentes les abeilles vont sortir. Elles effectuent des vols de propreté qui consistent à se débarrasser des déchets qu’elles accumulent dans leur ampoule rectale. La ruche est une salle « blanche » et aucune abeille, sauf maladie, ne fait ses besoins à l’intérieur de celle-ci. Si les jours de météo cléments sont trop nombreux cela va inciter les abeilles à sortir pour rechercher du pollen ou du nectar qui n’existent pas à cette époque de l’année. Le souci c’est qu’ainsi elles réduisent leur durée de vie (d’environ 4 mois pour les abeilles dites d’hiver) en plus de les pousser à consommer les réserves de miel de la colonie. Si le printemps arrive normalement pas de conséquences, par contre si le général hiver joue les prolongations en février, mars, voire avril les abeilles qui auront beaucoup volé auront du mal à assurer la transition avec les nouvelles abeilles à venir d’autant que les ressources ne seront pas présentes dans l’environnement.

Les étapes de la préparation à l’hivernage:

En quoi consiste la préparation à l’hivernage ? Le maître mot est équilibrage ! Cela consiste à l’échelle d’un rucher de prendre aux colonies les plus fortes pour donner aux colonies les plus faibles. Le but au final c’est d’avoir un rucher homogène. Et on équilibre 2 choses : les réserves et le couvain. La première fois ça surprend, on hésite à le faire, déjà parce qu’on a l’impression de dépouiller certaines ruches et puis aussi parce qu’il ne faut pas se tromper. Il faut bien évaluer les forces et les faiblesses respectives de chaque colonie. C’est toujours un moment délicat. Pour les provisions, s’il n’y a pas assez de cadres de réserves surnuméraires, alors il faudra nourrir avec du sirop (article à venir sur les nourrissements…).

Le deuxième point important c’est de réduire la taille de la ruche par l’utilisation des partitions. D’une douze cadres on passe à 8 cadres avec deux partitions en rive. L’idée c’est de réduire le volume à chauffer : 4 cadres c’est un tiers de volume en moins. On peut hiverner jusqu’à seulement 5 cadres mais là ça peut devenir plus périlleux.

Le troisième point de la préparation à l’hivernage, c’est de réduire les entrées d’air et de froid : on réduit la taille de la grille d’entrée, on met un film type polyane en guise de couvre-cadre, on retourne le nourrisseur pour faire une poche d’air qui est un très bon isolant et on surélève par l’arrière la ruche de quelques centimètres afin que l’eau de condensation produit par les milliers d’abeilles qui ne sortent plus puisse s’écouler.

Conclusion sur la préparation à l’hivernage:

Et voilà, vos colonies sont prêtes à passer un hiver tranquille. En moyenne montagne ici je m’assure de tout avoir fini pour mi-octobre. Tout ceci est primordial à la survie de vos colonies. C’est votre rôle d’apiculteur de donner à vos abeilles toutes les meilleures conditions pour passer la mauvaise saison.

Et le varroa ?

Ah le varroa ! Personnellement je le considère comme mon ennemi intime. J’ai déjà perdu toutes mes colonies une année et je le soupçonne fort d’en être responsable. Le traitement contre le varroa fait partie de la préparation à l’hivernage mais tout comme les nourrissements cela sera le sujet d’un article à part entière. Sachez seulement que quand on me dit « je n’ai pas de varroas je n’en ai pas vus » je suis inquiet pour la survie de la colonie ! Tout le monde a du varroa !

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